LE MEILLEUR ZINE DE MARDE

OKAY?

Le bord de la mer

Ça fait maintenant une couple d’années que j’habite pas ben loin de l’eau, le gros boutte d’eau là en plus, l’océan, le vrai. Avant d’arriver, j’avais hâte d’aller chiller sur le bord de l’eau, les pieds dans le sable à regarder les vagues au loin, comme dans Bay Watch, ou d’être assis sur les quais à boire des bières et regarder les bateaux arriver et repartir vers l’horizon, pareil comme dans la toune, sitting on the dock of the bay, wastin’ time. Les années que j’avais précédemment investies à écrire dans les pages de l’Antécrise auraient pourtant dû me préparer à la triste réalité que le bord de la mer est à l’instar du reste du monde, c’est à dire de la marde.

Commençons par le boardwalk qui, loin d’être un romantique lieu où les rêves se laissent berçer dans les voiles des navires, est un grotesque cirque de médiocrité humaine. De gigantesques bateaux de croisière s’y ammarent quotidiennement pour déloader des hordes de zombies dégénérés en vacance trainant d’un pas lourd et lent leurs sandales sur les planches du boardwalk. Les Cruise People, tels qu’ils et elles sont surnommé-e-s par les locaux, sont façilement identifiable à leur regard vide et leur bouche entrouverte d’où dégouline librement un long filet de bave se laissant sècher sur leur menton. Les Cruise People ont l’air mort en dedans. Tout ce qu’ils semblent désirer est de vider leurs poches pleines d’argent et ce ne sont pas les occasions qui y manquent. Le boardwalk est bondé de commerces de bijoux laittes, de patentes avec des phares ou des homards dessus, des restaurants italiens de marde, des restaurants français de marde, des restaurants de fruits de mers de marde pis des restaurants tout court de marde. Bon temps, mauvais temps, illes grouillent en grand nombre et transforment le boardwalk en centre d’achats de gogosses qui ne s’adresse qu’à des touristes. Heureusement, leur écosystème se limite à l’espace délimité par les planches du quai et nous en sommes épargné-e-s dans le restant de la ville. Reste qu’il nous scrappent un spot qui aurait pû être le fun.

Y’a quand même des bouttes de plage ici et là, mais pas tant que ça vu que les meilleurs spots sont occupés par des grosses piaules de riches. Un coup que tu passes l’autre bord du port avec ses grues, ses centaines de containers de métal pis les trucks qui vont et viennent déloader, tu peux trouver quelques spots sur le bord de l’eau où tu peux aller chiller. Malheureusement, ces endroits sont pas mal toute également de la marde. Quand c’est pas tout sale, du béton ou une propriété privée de riche full clôture et caméras, c’est plus bas dans la péninsule, dans le ”bras”. Faque, l’autre bord de l’eau, tout ce que tu vois c’est des fucking piaules de riches laittes, des hôtels beiges ou un ostie de yacht club. Ça me semble être un criss de mauvais deal : du bord correct, t’as une vue de marde pis du bord que t’as la belle vue, t’es sur un gazon de marde sur un terrain de marde. Y’a aussi des égouts à des places faque des fois ça pue la marde.

Même le dedans de la mer est dégueux. Vu que bord de la mer ça veut aussi dire conditions météorologiques dégueux, on a goûté à un ouragan cette année. J’dois avouer que l’ouragan lui-même était quand même cool. C’était ben intense, la ville était ravagée et l’électricité a manqué pendant presqu’une semaine. C’tait hot. Le lendemain y’a fait super beau faque, avec les colocs, on est allé voir au parc sur le bord de la mer l’étendue des dégats. Les arbres avaient tenu bon, mais c’était rendu à la plage qu’on a eu notre mauvaise surprise. À plusieurs mètres de l’eau, les plages étaient envahies de déchets qui avaient été remontés de l’eau par l’ouragan. Pas mal d’algues, mais surtout une chiée de bouttes de plastique : des briquets, des crayons, des tampons, des seringues, des jouets Kinder Surprise, etc. C’est vrai que l’océan est plein de plastique pis on en entend souvent parler, mais c’est une autre affaire de le voir des ses yeux vus. Ça c’tait calissement wack.

Ça fait maintenant une couple d’année que j’habite sur le bord de la mer pis j’pense ben que tout ce que j’aime, c’est de pitcher des galets dedans.

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This entry was posted on July 12, 2020 by in Uncategorized.

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