LE MEILLEUR ZINE DE MARDE

OKAY?

CHER FRANÇOIS LEGAULT

francois legault

Cher François Legault,

Je dois l’avouer, je me suis moi-même laissé aller, aux balbutiements de cette crise sanitaire, à une certaine indulgence dégoûtante et injustifiée envers ton gouvernement de dégénérés racistes. J’ai fait preuve d’une grande faiblesse en délaissant l’instant de quelques jours ma conviction profonde de percevoir en ta personne et ton gouvernement un nazillon crypto-fasciste de bas-étage. Je me suis surpris à méprendre ta gestion standard et correcte de la crise pour autre chose que du professionnalisme. L’idée m’a effectivement traversé l’esprit : peut-être y avait-il du bon dans la CAQ? J’ai ressenti une grande honte à cette pensée et le pire dans tout ça, c’est que je ne suis pas seul. Peut-être n’était-ce que l’appât du gain qui nous a corrompu, l’espoir d’ obtenir plus d’argent encore de l’État qui a vicié nos idéaux : il faut le dire, j’adore vivre aux crochets de l’État.

Heureusement, tu n’as pas tardé à remettre les pendules à l’heure. Face à la déferlante pauvreté qui a affligé la classe moyenne, il t’est venu l’idée que les organismes communautaires devaient jouer leur rôle pour combler les manques qui ne correspondent pas à l’agenda « philanthropique » de ton gouvernement. L’accès à l’alimentation de base par exemple. Tu t’es présenté en conférence de presse, comme à l’habitude, mais c’était cette fois pour me rappeler tout l’arrogance de ton gouvernement et de ses prédécesseurs face aux questions des inégalités sociales. Tu as osé demander à la population (de façon répétée et journalière) de se solidariser (crisse de chien sale) et de s’impliquer bénévolement dans différents organismes communautaires. TU ME FUCKING NIAISES. Demander au monde de travailler gratis dans des organismes qui peinent à survivre en temps normal en raison de la quasi absence d’investissement public? Tu dis que ces organismes jouent un rôle primordial dans notre belle société, mais tout ce que tu as trouvé à faire pour exprimer ta gratitude, c’est de promouvoir le cheap labor. Vraiment, FUCK YOU. Peut-être pourrais-tu investir un infime fragment de ton budget-baillon dans ces organismes submergés de demandes et de problèmes financiers? Of course not. C’est à ce moment que j’ai vécu mon épiphanie, ma sortie de l’obscurité, mon retour aux sources, bref, que l’envie de flipper des chars pis de lancer des grosses crisse de roches dans des vitres pis des polices est enfin revenue.

Mais tu ne t’es pas arrêté là. Les hospitalisations se sont multipliées, la maladie s’est propagée et, nous le savons, elle s’attaque particulièrement aux personnes âgées. Il était donc l’heure de suspendre les conventions collectives dans le milieu de la santé et de pousser à bout sans compensation d’abord les employéEs d’un milieu de travail déjà caractérisé par l’épuisement professionnel. Infirmières et infirmiers et préposéEs aux bénéficiaires ne savent maintenant plus quand seront leurs prochaines vacances qu’ils-elles méritaient déjà avant le début de la pandémie. Et tu as l’audace de mettre en garde leur syndicat qu’il n’est pas le temps de renégocier leurs conditions de travail? Il est temps plus que jamais que soit reconnu concrètement le travail de ceux et celles que tu appelles ironiquement « nos anges-gardiens ». Mais ce n’est pas tout : il ne faut pas oublier que les personnes racisées occupent une très grande place chez les préposéEs aux bénéficiaires, plusieurs sont demandeurs d’asile, plusieurs ont un statut d’immigration irrégulier. Et tu ne t’es pas gêné pour balayer de la main, comme on le fait avec une mouche récalcitrante, l’idée de faciliter leur processus d’immigration infiniment lourd et complexe. Et long aussi, peu importe ce que tu en penses. C’est certain que venant d’une personne qui croit et exprime publiquement que ce processus ne prend pas plus de 6 mois avant d’être complété, il est difficile de s’attendre à la moindre considération de ta part. Ils-elle sont assez québécois-es pour travailler au risque de leur vie, mais pas assez pour obtenir leur résidence permanente. C’est d’une mauvaise foi déconcertante et toxique, surtout venant de toi qui ne sais pas même prononcer les mots « écouvillon » et « CHSLD ». MANGE D’LA MARDE

Mais ça continue, dans la foulée du meurtre de George Floyd, plusieurs gouvernements ont décidé, certainement par opportunisme politique, d’admettre la présence du racisme systémique au sein de notre nation occidentale. Mais TOI, tu as préféré le déni et, par ce fait même, ce que tu exprimes est lourd de sens sur ta personne, ton gouvernement et le peuple « docile » que tu gouvernes. Parce que ce déni, tu ne le fais pas simplement par conviction, mais aussi par opportunisme électoral. C’est de dire qu’il est avantageux de refuser de prononcer des mots qui pourraient pourtant apaiser la douleur des gens persécutés, voire altérer les idées préconçues des fucking banlieusards racistes qui pullulent aux quatre coins de la province. C’est un geste si simple et symboliquement puissant que tu nous refuses sans vergogne au profit de la discrimination raciale. Et tu le fais pour ne pas froisser ton électorat, tel le calisse de réac que tu es. Mais je te préviens, c’est un jeu dangereux, et si tu crois que le pillage d’un vulgaire magasin de musique dépasse les bornes, tu n’es pas prêt à récolter le fruit de ton labeur.

Je voudrais m’arrêter là, mais je ne le peux malheureusement pas : tu nous a gardé le meilleur pour la fin. Avec ta loi 61, tu offres sur un plateau d’argent du matériel pour tous-tes les conspirationnistes négationnistes de la COVID environnants : alors que la présence du virus diminue considérablement, tu lances ton plan de relance économique qui démantèle tout autant les balises démocratiques de cette province qui en nécessite particulièrement, de par son histoire de corruption systémique. Tout ça au nom de l’urgence économique. C’est tout-à-fait pathétique et inquiétant d’user de cette crise vectrice de misère pour asseoir sa souveraineté et assouvir son désir de gouverner sans entrave. C’est dégueulasse et, je ne mâcherai pas mes mots, l’ébauche du fascisme. Je te le redis, nous ne sommes pas dociles et tu payeras pour la déviance totalitaire que te permet la pandémie.

Bref, je me suis ressaisi. J’ai failli me laisser berner par la comptine de la démocratie représentative, mais c’est maintenant chose révolue. Il est temps de faire bon usage des hydrocarbures et de tes grands projets d’infrastructure: il est temps de remplir nos corps morts d’essence et de chiffons, car le futur ne s’annonce pas mieux que le passé.

Au plaisir François.

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This entry was posted on June 10, 2020 by in Uncategorized.
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