LE MEILLEUR ZINE DE MARDE

OKAY?

SOUVENIR DE GARDERIE

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Eh bien moi, j’haïs les flics. C’est viscéral : j’les vois et je me met à suer. L’envie incontrôlable de les insulter m’envahit et j’angoisse à la simple vue de leur uniforme. C’est un dégoût physiologique: en voyant un flic, j’me dis que c’est un criss de porc, j’ai comme envie de vomir et la diarrhée me pogne automatique. Pour moi, la police, c’est des crampes d’estomac.

À ce qu’il paraitrait, nos complexes et nos comportement proviennent essentiellement des émotions refoulées lors des premières années de notre enfance et, dans cette optique, un souvenir de garderie me revient soudainement en tête.

C’était l’heure de la sieste pour les plus petit-e-s (c’est moé ça). Alors que les plus grand-e-s allaient jouer dehors dans les modules, nous autres on était pogné-e-s dans notre criss de berceau clôturé. Du mieux que je me souvienne, ça me mettait en tabarnak. C’est, d’une certaine façon, la première fois que je me suis senti-e révolté-e.

C’est à ce moment que j’ai inconsciemment développé la philosophie qui justifie aujourd’hui pratiquement tous mes actes, la misanthropie. Si mon souvenir est bon, du haut de mes trois ans, j’ai chuchoté l’ultime cri du cœur : « fuck you ». J’ai attendu que les autres ploucs en couche s’endorment et j’ai entamé ce que je croyais être mon émancipation. J’étais encore naïf et optimiste; j’étais trop jeune pour comprendre qu’il n’y aurait pas de révolution, mais seulement de faibles simulacres qui ne changeraient au fond rien des règles établies.

Malgré tout, j’enjambai la barrière du berceau et me dirigeai d’un pas décidé vers la sortie. J’arrêtai devant le lit de mon ami, qui, lui non plus, ne dormait pas. Je lui fis signe de me suivre, mais il resta là à hocher de la tête d’un air triste. Peut-être avait-il raison dans sa résignation.

Je ne me laissai pas tout de suite décourager et j’ouvris la porte. La lumière entra dans la pièce et découpa ma silhouette. Certains enfants se réveillent et me regardent d’un air hagard. Peut-être me suivraient-ils dans ma marche vers la liberté? J’étais naïf : ces sales enfants pleurnichards commencèrent alors à pleurer, à alerter malgré eux l’autorité. Mais il n’y avait en réalité aucune issue. Même si ces charognes qui me servaient de compagnon-ne-s n’avait pas vociféré leur besoin de confort, jamais je n’aurais réussi à traverser le hall sans être repéré-e.

Je retournai alors me coucher, la rage au cœur et le sang qui bouillonnait. J’étais prêt-e à me résigner, abandonner, dormir. J’étais prêt-e à donner raison à mes compagnon-ne-s passifs-ves. Ils-elles n’avaient pas tort d’être indifférent-e-s. C’est alors qu’une idée me frappa. J’attendis que les traîtres se soient rendormis et mis mon plan à exécution. Dès lors, pour chaque sieste obligatoire, je pissai par terre et chiai dans tous les coins de la pièce. Et jamais ils ne surent qui était le coupable. Si je n’ai pas réussi à abolir la sieste, j’ai été, du moins, calissement désagréable et c’est déjà ça de gagné. Je vous invite à faire pareil avec les flics.

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This entry was posted on May 12, 2015 by in Uncategorized.
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