LE MEILLEUR ZINE DE MARDE

OKAY?

LE PREMIER MAI À QUÉBEC

Capture d’écran 2015-05-12 à 11.11.10

Là, on est vendredi le premier mai 2015. J’arrive de passer dix minutes dans une manif du communautaire leadée par un pick-up avec des haut-parleurs qui jouaient des tounes de la compagnie créole. Quand le monde a commencé à avancer, escorté par une couple de flics en moto à qui l’itinéraire avait été remis en 2014, y’a un gars qui a commencé à imposer des slogans back to back au micro, remplaçant les paroles de «c’est bon pour le moral» avec pas grand chose de plus pour m’accrocher. Y’avait la plupart de mes potes là-bas, mais j’feelais pas trop comme suivre le pick-up. J’ai essayé de me placer avec des ami-e-s à quelque part entre le petit black bloc de caves qui tenaient à montrer qui étaient ben rad-e-s pis la fanfare Tintanar que j’aime ben pareil, ce qui représentait plus ou moins ma place dans le spectre politique. J’pas assez cave pour me masquer dans une manif communautaire à Québec, pis j’t’assez poche pour jouer d’la musique fait qu’à place j’écris des niaiseries à propos du fait que j’t’en câlisse politiquement.

Mon p’tit safespot m’a fait toffer sur 200m, pis après ça j’en ai eu plein le cul de militer, fait que j’ai rebroussé chemin, j’ai remonté la côte qui mène à mon quartier, presque au terme de sa gentrification (gratz les promoteurs!), pis j’ai été acheter un six pack de Black Label au dep au coin d’ma rue où qui a plus de caméras que de choix de bière. Sur le chemin, y’avait deux douchebags pis leur amie qui avaient callé un taxi pis qu’y’étaient ben en colère que du monde bloque encore les rues pour pas d’raison. Y’avait itou deux ou trois jocks avec des shorts, des gilets Abercrombie pis des cells qui maraudaient pour trouver des parkings pour leurs ami-e-s, à cause, dans mon quartier, y’a tellement de yuppies avec des chars que les preppies qui arrivent de la banlieue le vendredi soir pour profiter du centre-ville ils trouvent pas de parking. J’suis rentré chez nous avec l’hostie d’idée que le monde que j’haïs le moins est toute en train de marcher en arrière d’un pick-up qui hurle des slogans prémâchés. J’me suis dit p’t-être que les punks ont eu la décence de pas quitter leur poste pour les festivités du premier mai, pis que je pourrais aller caler des canettes avec eux-elles autres, mais je me suis vite ravisé-e: tant qu’à être avec des ploucs de gauche ou des ploucs de la rue, j’préférais ben juste être seul-e avec ma plouquerie, dans ma chambre minuscule avec une grosse fenêtre qui donne sur la rue où les douchebags transitent pour aller veiller et en profitent pour crier des niaiseries-de-colons-hostie-si-j’vire-assez-saoul-j’vas-leur-pitcher-mes-vides.

Là, j’bois tout seul pis j’commence à avoir hâte en criss qu’on la sorte cette hostie d’Antécrise-là parce qu’à part être la seule affaire qui me rejoint un peu -avec peut-être la ConsDep, chier à côté d’la bol pis voler d’la bière- c’est aussi la seule fois où j’sens que mes idées trouvent de l’écho. J’sais ben que le lectorat de l’Antécrise est imaginaire, aux trois quarts adolescent pis complètement en désaccord avec la plupart du contenu, mais ça me fait du bien pareil que du monde examine ma marde avant de conclure que je chie pas mieux qu’un-e autre.

One comment on “LE PREMIER MAI À QUÉBEC

  1. Byelaillà
    September 12, 2015

    parfait

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This entry was posted on May 12, 2015 by in Uncategorized.
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