LE MEILLEUR ZINE DE MARDE

OKAY?

JE ME SENS MAL D’ÊTRE EN VIE

Capture d’écran 2015-05-12 à 11.02.57

Après dix ans passés à consommer de l’alcool comme remède à l’angoisse existentielle, c’est dur d’arrêter. Pis là, c’est la grève, les manifs et tout. J’y vais des fois et ça me rejoint un peu de manifester contre l’austérité, mais il y a quelque chose en dedans de moi qui me titille à chaque fois que j’essaie de scander des slogans: je répète les mots des autres pis ma voix fausse. J’entend du monde chanter la révolution, le changement social, mais j’arrive pas à m’y identifier. Généralement, je marche en silence et je m’abstiens. J’ferme ma gueule. J’ferme ma gueule. J’ferme ma gueule.

J’ai la ferme impression que l’humanité a dépassé le point de non-retour y a longtemps en criss pis qu’avant de faire un seul pas dans le bon sens, il faudrait faire table fucking rase. Et que ça n’arrivera jamais. J’pense que la société s’en va vers un mur et je l’accepte. J’espère pas renverser la vapeur, mais j’ai envie que le monde sache que j’endosse pas son criss de système. Si je manifeste, c’est pour l’envoyer chier.

Des fois y’a du monde qui me d’mande si je suis heureux-se. À vrai dire, j’pense que je suis surtout déçu-e, d’la politique, des humain-e-s, du militantisme, de l’organisation sociale, des nouvelles, du changement, des promesses, des idées, d’la vie. Chus déçu-e que mes parents aient cru bon me mettre au monde, pis que les gens continuent à faire ça, aussi. Je suis assez amèr-e par rapport à tout, j’trouve qu’on est caves en câlisse. Fait que je prend mon cynisme, ma résolution et mon apathie à deux mains pis je répond oui. Tant pis pour les autres: je les laisse décimer les espèces en voie d’extinction, couper les programmes sociaux les plus pertinents, réduire l’accès à l’avortement, partir en guerre, forcer les émigrants à risquer leur vie sur des rafiots pour fuir la guerre pis la misère, renforcer les lois contre le terrorisme et l’itinérance, moi j’m’en câlisse. J’me reconnais pas dans cette vie-là, mais j’ai accepté que je gagnerai jamais, que leurs décisions sont prises depuis un criss de bout pis que la seule hostie d’affaire qui peut me faire plaisir, c’est d’m’occuper en attendant d’mourir pis d’les envoyer chier en silence. Fait que j’dis oui, j’ferme ma gueule, j’vas me chercher un six-pack ou un 13oz, pis je r’bois mes larmes par en d’dans. C’est comme pas l’best, mais c’est mon criss de problème. J’vous laisse tranquilles avec vos missiles, vos VUS, votre Colisée Vidéotron, votre Phare de 65 étages, votre charte des valeurs, votre course à la chefferie, vos maisons bien rangées, vos jobs, votre linge pis votre hostie de société à marde, fait que laissez-moi donc m’tuer une Pabst à la fois bande d’hypocrites.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

Information

This entry was posted on May 12, 2015 by in Uncategorized.
%d bloggers like this: